Le porte-parole des Teamsters Stéphane Lacroix affirme que son téléphone ne dérougit pas depuis que «l’Affaire Téo Taxi» a éclaté. Plusieurs dizaines de travailleurs, anciens ou actuels, continuent de le contacter pour lui raconter leur histoire.

Trois ex-employés de Téo Taxi convaincus d’avoir été mis à la porte pour leur activité syndicale ont porté plainte au Tribunal administratif du travail contre l’entreprise du président du Parti libéral du Québec Alexandre Taillefer, a appris Le Journal.

« Ce sont des plaintes déposées au Tribunal administratif du travail en vertu de l’article 15 du Code du travail. Il s’agit selon nous de “congédiement abusif” », affirme le porte-parole des Teamsters, Stéphane Lacroix.

Une première plainte a été déposée le 18 juin dernier par le chauffeur Blaise Aquime Derisca. « Je faisais signer des cartes pour le syndicat depuis quelque temps et je crois que c’est LA raison de mon congédiement », allègue-t-il dans sa plainte dont Le Journal a obtenu copie.

M. Derisca soutient qu’il a « toujours eu une excellente cote d’appréciation » de ses supérieurs, mais que ceux-ci l’ont congédié quand il leur a demandé si les salaires « étaient pour être indexés à la suite de l’augmentation du salaire minimum », lit-on.

Deux autres plaintes ont été déposées au Tribunal administratif du travail quelques semaines plus tard, soit le 3 juillet dernier.

« J’ai été injustement congédié pour rendement monétaire négatif. Je suis certain que la raison est que parce que j’ai signé ma carte et que je parlais du syndicat », indique le deuxième plaignant, Christos Tsirmbas, dans son dossier présenté au Tribunal.

Quant au troisième chauffeur, Michel Langlois, il estime avoir été « injustement congédié pour des supposées plaintes pour odeur de cigarette » dans son véhicule.

« Je suis certain que mon congédiement est dû au fait que je parlais du syndicat à mes collègues de travail et que j’ai signé ma carte », note-t-il dans sa plainte.

Du côté du syndicat des Teamsters, on soutient qu’une demi-douzaine d’autres cas « suffisamment solides » pourraient être déposés sous peu.

Selon nos informations, l’audience devrait avoir lieu d’ici la fin du mois. C’est un juge du Tribunal administratif du travail qui devra dire si les plaintes sont retenues.

Relations houleuses

Le 22 mai dernier, une première requête en accréditation syndicale visant « tous les salariés » a été déposée au Tribunal administratif du travail.

Un mois avant, en avril, une crise a secoué Téo Taxi. Une bonne trentaine de chauffeurs ont été remerciés par le patron de l’entreprise Alexandre Taillefer en moins d’un mois.

Joint par Le Journal, Alexandre Taillefer s’était défendu en donnant des exemples d’abus de chauffeurs aux comportements répréhensibles selon lui.

►L’article 15 du Code du travail s’applique « lorsqu’un employeur ou une personne agissant pour un employeur ou une association d’employeurs congédie, suspend ou déplace un salarié, exerce à son endroit des mesures discriminatoires ou de représailles », dit la loi.

Source : http://www.journaldemontreal.com/2018/07/06/des-plaintes-contre-teo-taxi-pour-congediement-abusif

 

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