Près de cinq mois après la tenue de la course de formule E dans la métropole, l’organisme Montréal c’est électrique se retrouve dans une situation financière critique. Radio-Canada a appris que l’organisme à but non lucratif (OBNL) doit plusieurs millions de dollars en droits de course au circuit formule E.

Un texte de Julie Marceau

Créé par la Ville de Montréal en octobre 2016 pour faire la promotion du Championnat de formule E et de l’électrification des transports dans la région métropolitaine, Montréal c’est électrique a non seulement utilisé la presque totalité de la marge de crédit de 10 millions de dollars endossée par la Ville sous l’administration de l’ex-maire Denis Coderre, mais il doit plusieurs millions de dollars en droits afférents au circuit formule E, qui présente ses courses dans plusieurs villes du monde.

Manque de subventions, commandites ou revenus moins élevés? Impossible d’en savoir plus. Montréal c’est électrique confirme avoir avisé l’administration de Valérie Plante de sa situation financière, mais a décliné la demande d’entrevue de Radio-Canada. L’OBNL indique qu’il présentera ses états financiers à la Ville dans les prochains jours.

Montréal a investi plus de 24 millions de dollars en soutien technique pour l’événement depuis septembre 2015 : piste de course, clôtures, montage, démontage, services en lien avec les citoyens, sécurité publique, etc. Certains montants, dont l’achat d’équipement, représentent des investissements étalés sur plusieurs années.

« Nous allons recevoir au cours des prochains jours le rapport financier vérifié de Montréal c’est électrique et nous allons rencontrer les dirigeants de la formule E pour faire le point. Nous aurons donc rapidement tous les éléments en main pour prendre une décision et divulguer toutes les informations au public », a indiqué le directeur des communications du cabinet de la mairesse Valérie Plante, Marc-André Viau.

Qui va payer la facture?

L’administration municipale est responsable de la marge de crédit de 10 millions de dollars accordée par Desjardins, dont la convention vient à échéance le 31 décembre 2017.

La Ville n’est toutefois liée à aucun contrat avec le circuit formule E. Il incomberait donc aux organisateurs de la formule E de négocier avec Montréal c’est électrique concernant ses « dettes ».

« Malheureusement, nous ne pouvons pas faire de commentaire », a laconiquement répondu par courriel l’attaché de presse de l’organisation de la formule électrique, Sam Mallinson.

Rappelons néanmoins que Montréal c’est électrique est administré par des bénévoles. Le seul salarié est son directeur général, Simon Pillarella, qui était responsable cet été d’assurer la coordination de l’événement produit par evenko, avec d’autres fournisseurs.

« Nous ne commentons ni les états financiers, ni les ententes avec nos partenaires », s’est limité à dire Philip Vanden Brande, le porte-parole d’evenko.

La course de formule E compromise en 2018?

Le principal commanditaire de la formule E, Hydro-Québec, est présentement en réflexion sur son implication dans l’événement.

Selon nos informations, aucune décision n’a été prise pour la tenue de la course en 2018. Tous les scénarios sont sur la table, y compris celui de mettre fin au contrat. Cependant, des millions de dollars de pénalités sont en jeu en cas de rupture de l’entente entre Montréal c’est électrique et le circuit formuleE, prévue sur trois ans.

L’une des fondatrices de Formule citoyenne, un mouvement contre la tenue de la formule E dans un quartier résidentiel, Heidi Miller, est d’avis que la nouvelle administration ne devrait pas nécessairement annuler l’événement.

« Je pense que la nouvelle administration devrait l’analyser, quitte à le mettre sur la glace pour l’été prochain et prendre une décision qui est éclairée, parce que je pense qu’il y a beaucoup de décisions qui ont été prises autour de ce projet-là qui n’étaient pas éclairées. »

Du côté de l’opposition officielle à l’Hôtel de Ville de Montréal, on attend de voir les résultats financiers.

« Vous savez, lorsque l’on a des projets ambitieux, des fois, il faut prendre des risques, c’est normal (…) On ne veut pas seulement prendre des choix où il n’y a pas de risques. C’est une question de rayonnement et de visibilité », a déclaré le chef de l’opposition officielle, Lionel Perez.

Source : Radio-Canada

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